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Tony lainé

Tony Lainé, docteur psychiatre

Le terme anthroponomie vient de deux mots grecs, anthrôpos qui signifie homme (au sens générique) et νόμος, nomosloi »).

L'Anthroponomie est l'étude des façons dont l'humain se gère lui-même, soit individuellement, soit -plus classiquement- au niveau de la société elle-même, et notamment dans ses rapports d'échanges productifs, organisationnels, sociaux et marchands. Elle intègre la psychologie, la psychologie sociale, l'anthropologie, la sociologie, les sciences politiques et économiques, le marketing, et doit amener à terme à des possibilités d'application au développement personnel.

La première évocation connue du terme se trouve chez Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826), célèbre gastronome français, dans sa Physiologie du Goût. Le terme revêt une vision biologique employée en médecine:

Vieilli. ,,Science des lois qui président à la formation de l'homme ou à l'action de ses organes.`` (Ac. Compl. 1842, Besch. 1845)

En 1977, Daniel Bertaux (sociologue et directeur de recherches au CNRS) écrit "Destins Personnels et Structure de Classe, Pour une critique de l'anthroponomie politique" où il critique le cloisonnement des disciplines et l'approche quantitative et mathématique en sociologie. Il s'intéresse à la distribution des effectifs de la population dans les rapports de production et de consommation, les classes sociales, les orientations politiques et et les rapports sociaux. Il appelle "production anthroponomique" le phénomène de distribution étudié comme socialisation des individus, et "consommation anthroponomique" le travail, la position dans le rapport de production. Sa pensée est essentiellement holistique et marxiste, mais il cherche à découvrir les processus de mobilité sociale tout comme Raymond Boudon et Pierre Bourdieu.

Pierre Assante et Paul Boccara feraient également usage du terme anthroponomie avec celui d'ergologie, dont ils font les fondements du retour à la scientificité dans l'étude des échanges socio-économiques. Il s'agit d'étudier les rapports cognitifs entre langage, culture et comportement.

Evoquée à titre de piste de recherches nouvelles par le psychiatre Dr Tony Lainé en 1980 (1), la discipline fait l'objet de recherches pour se constituer, c'est le cas de l'auteur du site "Perspectives Anthroponomiques", Fabien Maisonneuve qui en a émis de premières propositions de formes par lui-même en 2012, avec les moyens limités d'un étudiant en sociologie en première année de Licence, sans doute aussi alors avec une certaine précipitation.

Celui-ci marque une certaine distance avec l'usage originel du terme par Daniel Bertaux, se voulant émancipé du "conditionnement marxiste", abordant la question par combinaison de l'individualisme méthodologique et de la conception boudonnienne du non-sens de l'histoire mais poussé par la notion de dépassement par accumulation théorique et pratique, dans une perpective positiviste ou de "néo-modernisme incrédule", celle d'un jeu à somme non-nulle sur le long terme, fondé sur la possibilité de variations de l'information accessible, et donc l'efficience des stratégies -le doute méthodologique stimulant un progrès du réalisme scientifique et des capacités des acteurs, opposé à la systématisation idéologique-.

Il rejoint l'approche biologique de Jean Anthelme Brillat-Savarin en ce qu'il étudie le rapport de la cognition et de la raison aux sens, aux perceptions, aux émotions, aux interactions chimiques, aux réflexes et aux stratégies de communication du langage oral et du langage corporel. Il suppose également la contextualisation du comportement individuel dans son cadre d'expérience psychologique de socialisation.

Par ce biais, il entend pouvoir analyser des données qui l'informent sur l'état de conscience de l'individu, en lien avec son illusio (redéfini) et ses stratégies sociales. Cette approche est dite "gestaltographique". Elle n'est qu'un biais encore imprécis, en ce qu'il n'a pu être solidement étayé, à ce jour, sur le plan épistémologique, sous contrôle de spécialistes en sciences sociales et comportementales. De plus l'observateur n'est pas encore très entrainé à exercer ses observations dans les modalités à ce jour utilisées, ce qui le fait encore dépendre plus de l'instinct que de la méthode.

Méthode Modifier

La méthode retenue à ce jour par Fabien Maisonneuve est la gestaltographie. Cette méthode consiste à prendre des notes au fil de l'observation d'individus, menée en interaction de petits groupes dans des situation d'échanges sociaux: négociations, discussions entre amis, débats publics, confidences, spectacles, travail, liens de subordination et de domination.

Les notes ne doivent pas porter sur le contenu des propos mais sur les observations liées à ce qui paraît être les stratégies employées par les acteurs sociaux, la nature de leurs échanges et interactions, le sens qu'ils donnent à leurs actes, leurs intentions, les pulsions agissantes, la place accordée à soi et à l'autre dans le rapport social. Il faut tâcher, et non uniquement sur le seul aspect comportemental -par recoupement de processus internes liés aux comportements, en prenant en compte les dispositions et les dispositifs d'influence sociale actifs, y compris la mémoire sociale- mais aussi des pathologies affectant les comportements ou la diversité des conditionnements culturels (voir vecteurs) et les degrés d'identification individuelle déterminant leur fonction pour l'acteur.

Cette approche quasi-anthropologique (se rapprochant de l'ethnographie mais nécessitant une proximité tant avec la personne qu'avec la personnalité construite par le biais d'une analyse portée sur ses références culturelles) met en pratique les méthodes et connaissances de la psychologie sociale, tout en étudiant le rapport entre les comportements et la biologie des acteurs concernés. Le procédé est une sorte de gestaltisme, qui tente l'immersion dans les fonctionnements de l'être humain par une approche progressive, du plus visible jusqu'au plus subtil.

"Ce que l'on perçoit dans l'oeil, ou plutôt en centrant le focus de notre regard sur l'oeil, a été souvent considéré comme le mystère, l'essence de la personne, son "âme". Je crois qu'il s'agit plutôt du meilleur focus pour percevoir l'effort, ou plutôt la tension vécue intérieurement par un être, dans l'état de ses perceptions internes et externes.

De fait, il se peut qu'il trahisse ses désirs ou l'actualisation de ses besoins, mais aussi son jugement, ses appréhensions, l'image de lui qu'il veut communiquer et ce que suscite la perception de cette image dans ses perceptions internes.

Quoiqu'il en soit, l'oeil est révélateur. Il peut nous montrer les forces et les faiblesses de l'être, mais ne nous y trompons pas: la comédie est un art qui s'apprend et se perfectionne avec la pratique.

Cette simple observation n'est en tout cas pas suffisante pour savoir "à qui" on a affaire." (Fabien Maisonneuve, Regardez dans les yeux, Théorie Anthroponomique des Echanges, https://www.facebook.com/notes/th%C3%A9orie-anthroponomique-des-echanges/regardez-dans-les-yeux/292444440851799 )

Epistémologie Modifier

Plusieurs niveaux de réflexion sont nécessaires à l'ajustement épistémologique envisagé.

Sur l'Economie

L'anthroponomie a entre autre été fondée pour palier aux défaillances structurelles de l'économie, et conteste l'idée selon laquelle l'économie politique puisse être qualifiée du titre de science si elle en vient à oublier que son appui mathématique est un outillage d'origine humaine, appliquée selon des règles non pas naturelles mais socialement construites.

Elle ne pourrait alors être une science du fait qu'elle ne considèrerait pas les acteurs pour ce qu'ils sont, mais qu'ils y seraient présentés d'une manière "fantasmée, théorique", spéculant sur leur fonctionnement (conditionnés par une rationnalité en finalité à court terme, et privilégiant systématiquement le gain matériel immédiat), ne les observant que sous l'angle des flux qu'elle considèrerait comme l'objet de l'étude la plus scientifique, alors qu'ils résultent de leurs stratégies.

C'est en cela que l'anthroponomie dénonce toutes les théories économiques comme prisonnières des philosophies de la discipline -fussent-elles humanistes comme celles d'Adam Smith-, qui ne correspondent pas pleinement à la méthode adaptée pour comprendre l'objet économique de façon réellement fonctionnelle et unifiée. Les disfonctionnements rencontrés trouveraient leur explication dans la systématisation idéologique, créatrice de situation de carences productives (y compris socialement et culturellement). L'anthroponomie considère que l'économie n'est qu'un regard posé sur la science des échanges, et qu'elle doit être complétée par une modélisation des acteurs, pondérée, rendant nécessaire l'observation sociologique quantitative et l'étude des mouvements sociaux immergés.

L'anthroponomie mêle les approches holistiques, individualistes et interactionnistes pour aborder l'être humain sous tous les angles possibles, et les faits sociaux ou activités sociales sous toutes leurs dimensions.

Elle postule que les acteurs (individus et structures sociales dynamiques) sont rationnels, mais ne peuvent être objectifs.

Elle envisage cette rationalité comme limitée en portée et étendue à des champs innombrables -entrant en concurrence les uns avec les autres-, et considère les individus comme soumis à la règle de l'illusio, agissante dans la détermination des rapports de force des échanges, et donc facteur essentiel d'analyse du marché et des prix.

Au delà de la nécessaire étude des besoins et de leur assouvissement, et au delà de la recherche de gains matériels et immatériels (position, émotion, information), la visée anthropologique est initialement issue d'une recherche commune à celle de l'économie classique, à savoir l'optimisation de l'emploi des ressources naturelles (minérales, biologiques, humaines), à la différence qu'elle considère celles-ci comme des richesses, de nature finie dans l'instant, soumises à des cycles et à leurs interactions, fragiles, et dont l'absence, la rareté ou l'abondance peuvent créer des situations menaçantes (effets pervers) qu'il s'agit d'équilibrer, en prenant en compte le facteur psychologique et sociopsychologique.

Leur oubli pourrait entrainer, à notre stade actuel, à l'émergence d'une culture close et entrainer une série de disfonctionnements insolubles. La prise en compte de ces facteurs relève des externalités dont doit tenir compte l'économie politique, celle-ci ayant la charge de maintenir la socialisation et la cohérence des acteurs économiques autonomes par le biais des législations qui les conditionnent.

Sur la Sociologie

Bien souvent la sociologie est abordée de manière "dématérialisée". L'Anthroponomie suppose les phénomènes sociaux conditionnés par la biologie humaine, et notamment par la neurobiologie. Un examen des théories sociologiques à la lumière de l'expérimentation neurobiologique doit permettre de compléter les efforts théoriques des chercheurs, sans quoi la discipline toute entière risquerait d'aboutir à l'impasse qu'a connu la métaphysique.

La sociologie entendait bien pouvoir répondre à la distance entre celle-ci et la réalité sociale, elle ne peut y parvenir qu'en considérant les fonctionnements biologiques créant les conditions d'émergence des phénomènes sociaux et psychosociaux. Un rapprochement neurosociologique, tel que déjà travaillé, notamment par Maurice Auroux, doit êtretre l'objet d'explorations falsifiables, c'est à dire vis à vis desquels une contre-argumentation puisse s'épanouir.


Sur la Psychologie Sociale

Une nécessaire désacralisation du procédé expérimental semble aussi indispensable. Si celui-ci peut permettre d'étudier précisement un cas, encore qu'une multitude d'expériences par variation est indispensable, le recours à la situation construite ne peut permettre une observation réaliste, car l'expérience, dans sa définition, cré en partie ses résultats, du fait de la recherche inconsciente de la validation de soi par l'expérimentateur. L'observation en situation indésirée peut aboutir à la découverte d'hypothèses que l'expérimentation pourra tenter de valider ou d'invalider. Comme avec la sociologie, la neurobiologie peut constituer un outil complémentaire à l'observation. La complexité extrème des observations obtenue est attendue. Elle pourrait permettre de remettre en cause certains préjugés psychiatriques, cette discipline ayant encore à l'heure actuel semble-t-il des zones d'ombre, ou du moins dans sa compréhension vulgarisée. D'autre part, la neurobiologie représente un moyen d'observation offrant de grandes potentialités à l'observation psychosociale, et celles-ci pourraient apporter un "remède intellectuel" à la culpabilité liée à la participation ou à la production de phénomènes sociaux, donnant des outils d'autodiscipline thérapeutiques et existentiels. (à compléter)

Thèmes abordésModifier

Les champs d'étude abordés par Fabien Maisonneuve recoupent les comportements sociaux et les processus biochimiques actifs connus dans les interactions sociales, mais aussi la recherche d'une approche scientifique la plus objective possible des choix opérés par les individus. On reconnait ici l'influence de Max Weber, notamment dans la recherche des motivations individuelles et la définition de grilles d'analyse basées sur le principe des idéaux-types et de la diversité des rationalités, ainsi que sur celui de leur limitation (principe réfléchi par Herbert A. Simon, Itamar Simonson), et sur les démarches spéculatives, supposées analogiques.

Considérant les individus comme naturellement et socialement déterminés, Fabien Maisonneuve les estime cependant arbitres de leurs possibilités (dans des situations souvent paradoxales), de leurs priorités et préférences dans la mesure de leur dotation décisionnelle. Pour cette raison, il privilégie l'emploi du terme acteurs, et analyse les vecteurs qu'ils emploient dans le processus décisionnel ainsi que leur rôle dans la définition, le maintien, le développement et les mutations de l'identité.



(1): http://www.pearltrees.com/#/N-play=1&N-p=48545307&N-fa=5320393&N-u=1_671995&N-s=1_5320445&N-f=1_5320445

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